Le travail photographique déployé autour du projet « Pics Up » du Bal et de la Fabrique du Regard interroge la notion de cadrage/débordement (formule largement empruntée du jargon rugbystique).

Au-delà de la mise en abîme qui ressort du processus même des Pics Up, j'ai choisi d'interroger l'élargissement de ce que le photographe laisse à voir aux spectateurs. Basé sur une série de photographies que je fais actuellement pour le carrousel « Île de Groix » (un projet qui interroge la question du lieu insulaire, fermé, bouclé, dont l'espace temps circulaire est lié aux saisons, aux marées et aux déplacements perpétuels de ses occupants) et que j'ai décidé de réutiliser dans une mise en perspective qui donne à voir « l'autour » de la photo, l'élargissement du décor en lieu et place des prises de vue originales.

En fait cette série est une suite de clichés doublement formatés : des Polaroïd ensuite diffusés sur Instagram. Où comment tenter d'inscrire ce projet dans une réflexion autour de cette imagerie banalisée par le cadrage carré du Polaroïd et renforcée par la diffusion et les traitements visuels automatisés d'Instagram. Ce que donne à la fois cette uniformité et cette redondance aux images publiés mais aussi leurs ultra-contemporanéités dû aux usages des utilisateurs de ce réseau social (ici à l'instar du touriste).

Par leur utilisation pour « Pics Up » j'ai choisi d'interroger justement cette vision ordonnée en la décontextualisant tout en la recontextualisant. Montrer que le monde représenté en son temps par les Polaroïds et maintenant par l'amas de photos « Instagramisées » ne se limite pas à ce format carré et que le cadrage photographique élargie existe encore.

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