Voici la retranscription écrite d'une partie de ma conférence au Cent-Quatre à Paris, le 17 juin 2012 pour Open your web #3.
J'étais invité par Systaime (@systaime18) dans le cadre de Futur en Seine #FENS2012.

J'en profite pour vous signaler que Comeback fait maintenant parti du
SPAMM - SUPER ART MODERN MUSEUM
Une version spécifique HTML5 du projet est également accessible sur http://comeback.abcreation.net (Merci à Jérome pour son développement)



 

Comeback - conférence au Cent-Quatre, 17 juin 2012

Bonjour,
puisque je suis ici pour vous parler d’un projet spécifique, Comeback, un work-in-progress qui utilise Google Maps pour la confection des images et Twitter pour sa diffusion - et mon iPhone - je vais vous exposer le projet en détail.

Tout d’abord, je tenais à me présenter, je m’appelle Aurélien Bambagioni, je suis artiste, vidéaste sous le label abcreation.
Je développe une pensée organisée en systèmes cartographiques et j’ai une production visuelle formatée en série.
En gros, j’ai quelques grands ensembles de diffusion en ligne que j’alimente régulièrement, soit de vidéos, soit d’images ou de photographies.
Chaque espace a sa famille d’objets formellement identifiés.

J’ai toujours pensé et adapté mon travail plastique en fonction des moyens de diffusion. De l’institution - expositions - aux réseaux et ses phénomènes de mode - support - en passant par l’écriture et des formes variées d’édition.
abcreation.net qui existe depuis 1996 a longtemps a été un site de collection d’œuvres jusqu’à la première bulle internet, avant de devenir un site de diffusion et un portail vers un atelier-blog depuis quelques années maintenant.
Ma page Facebook ouverte en 2007, est un lieu de diffusion exclusive d’un projet de vidéos en ligne. All thoses moments. 30 secondes de moment que je qualifie d’unique.
Une suite aux Stories qui alimentaient une webtv en l’an 2000 tenue depuis la Villa Kujoyma au Japon où nous étions en résidence ma compagne et moi-même.

Mon travail suit également l’évolution des technologies de captation. La caméra HD et le téléphone ont remplacé mes premières mini-DV. Les vidéos en 1920x1080 ont remplacé les 160x120 pixels des mes premières vidéos en ligne. (Un projet autour d’un cinéma fictif Coming Soon).

Donc Comeback.

Le point de départ de travail était marqué par la volonté d’immortaliser le fait que j’étais revenu sur l’ile du Chateau d’If, près de 25 ans après y être venu pour la dernière fois.
Enfant, c’est le lieu de mes rêves. Un endroit que j’observais depuis Marseille, où je venais en famille à presque chaque vacance scolaire.
Un lieu fantasmé depuis. Bien aidé par le Comte de Monte-Cristo (il se reconnaitra) et par les souvenirs de cette bâtisse aux pierres blanches.
En 2001, alors en post-diplôme à Marseille justement, j’avais pu le revoir de tout aussi loin. Et j’avais travaillé autour d’un nom de domaine acheté pour l’année www.chateaudif.com, où je proposais de louer ou d’acheter le chateau, je ne sais plus très bien.
En 2009, retour en famille.
Mais cette fois je ne suis plus l’enfant. Je suis le père et ma fille me remplace dans ce cycle de vie. Même âge.
Et ce retour sur l’île à éterniser.

Pour moi c’est un travail sur l’identification où le statut de la photo de tourisme, toujours montrée de face, tient une place spécifique. Plus au moins toujours familiale à fin de rapporter un souvenir. Souvent jamais pensée comme tel (parce que rarement pensée), cadrée sur des points totalement objectifs. Souvent inutile. Sans réel intérêts pour les autres en tous les cas.

(...)
Lors de mes séjours au Japon, j’ai travaillé déjà sur cette façon de filmer le voyage. Dans une vidéo j’ai monté bout à bout tous les panoramiques que j’ai pu faire durant mes centaines d’heures de tournage instantané, de cette idée de ramener l’environnement dans lequel j’étais, comme si j'étais totalement immergé.
Cette vidéo One day I will meet him toujours visible en ligne rend hommage au Mont Fuji, autre lieu de mes fantasmes d’enfants.
Que ce soit depuis Tokyo ou en passant à son pied en Shinkansen, je n’ai jamais pu le voir. Jamais. Cette vidéo en est le témoignage. Je panote même à des endroits où j’étais censé le voir. En vain.

(...)
Pour le coup je pense que j’arrêterais Comeback lorsque mon petit point bleu trônera une fois pour toute sur la vue spaciale du Fuji San.

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